DIRECTION DE LA PHARMACIE ET DU MEDICAMENT DE LA REPUBLIQUE DU CONGO

Historique 

Deux grandes périodes structurent l’histoire de la pharmacie en République du Congo : les périodes pré et post indépendance.

Avant l’indépendance la Direction Générale de la Santé était sous la tutelle du ministère de la santé publique de la France d’Outre-mer. Elle avait en charge l’organisation, le fonctionnement, l’approvisionnement et le contrôle technique de tous les établissements sanitaires et pharmaceutiques du Congo.

La première officine installée en 1989 (Pharmacie Houyoux) desservait le Congo et les autres Etats de l’AEF. La pharmacie Mavré ouverte au public en 1950 est la première filiale de continentale pharmaceutique qui fût le grossiste répartiteur. Jusqu’à l’indépendance en 1960 on ne comptait que 05 officines à Brazzaville et Pointe-Noire.

La période post indépendance connaitra une forte mutation tant sur le plan législatif et réglementaire que sur le plan organisationnel et technique avec la mise en œuvre du programme national du développement sanitaire. On assiste alors au développement du secteur privé, l’initiative de Bamako et les médicaments essentiels génériques.

Missions de la Direction de la pharmacie et du médicament de la République du Congo

Les missions de la Direction de la pharmacie et du médicament de la République du Congo figurent dans les dispositions du chapitre 7 du décret 2018-270 du 2 juillet 2018, portant attribution et organisation de la direction générale des soins et services de santé. La DPM Congo est chargée notamment de :

Dispensation pharmaceutique et fabrication des médicaments

Réseau public 

Le réseau public est constitué par la Centrale d’achat des médicaments essentiels et produits de santé (CAMEPS) créé par décret 95-207 du 13 novembre 1995 doté d’un statut d’établissement d’intérêt public pour renforcer les districts sanitaires dans la gestion et l’approvisionnement en médicaments essentiels génériques et permettre l’accessibilité des populations au médicament essentiel générique de qualité.

Les hôpitaux généraux (CHU, Loandjili, A. CISSE, les services de santé des forces armées congolaises) s’approvisionnent auprès des grossistes privés étrangers et ont une autonomie de gestion pharmaceutique, ils ont aussi accès à la CAMEPS et aux grossistes privés nationaux pour leurs approvisionnement en médicaments et produits de santé.

Le réseau privé :

Le réseau privé est constitué par sept importateurs qui sont : LABOREX Congo, SEP, UBIPHARM, ZENUFA, PHARMA Crédit, ROFF PHARMA qui approvisionnent les officines installées en République du Congo et aussi celles des pays limitrophes. Le volume des importations vont crescendo malgré la crise financière et économique. Le secteur privé est très présent et actif par le nombre des officines inégalement réparti sur le territoire national.

Sélection et homologation :

La variété ou la diversité des médicaments dont le coût est prohibitif et la qualité parfois douteuse rend nécessaire la sélection des médicaments en fonction de leur qualité, efficacité, innocuité et coût. Le Congo dispose d’une liste nationale de médicaments essentiels (la première édition fut éditée en 1980). La dernière édition est encours de diffusion et de vulgarisation. Elle tient compte du profile épidémiologique locale et la liste modèle de l’OMS.

Homologation

L’homologation est le processus d’enregistrement et de mise sur le marché des médicaments au Congo. Une loi et un arrêté instituant les taxes pour l’entrée des nouveaux médicaments au Congo disposent de cette homologation. C’est ainsi qu’il existe trois (3) types de visas : l’autorisation de mise sur le marché (AMM), le renouvellement de l’autorisation de mise sur le marché et l’extension de l’autorisation de mise sur le marché.il est à noter qu’à la demande de certains praticiens et pour des besoins spécifiques une autorisation temporaire d’utilisation peut être accordée à un médicament.

Structure des prix

La structure des prix est fixée selon les dispositions de la loi n° 6/94 du 1er juin 1994, portant réglementation des prix, des normes commerciales et répression des fraudes. L’Arrêté n°47/90 du 15 sept 1994, portant réglementation des prix des produits pharmaceutiques à modifier les marges des officines comme suit :

  • Pour le médicament essentiel générique (DCI) : 15% pour la marge grossiste et 43% pour la marge pharmacien d’officine ;
  • Pour la spécialité pharmaceutique : 12% de marge grossiste et 30% de marge pharmacien d’officine.

Production locale 

En 1974, le Gouvernement a créé le Laboratoire Pharmaceutique du Congo (LAPCO) entreprise d’Etat chargée de la production locale d’un certain nombre de molécules. Suite à des difficultés de fonctionnement, LAPCO a été privatisé et transformé en LAPHARCO. Actuellement l’activité est très faible, limitée au reconditionnement de 14 molécules, mais n’existe plus. En outre, la société des Gaz Industriels produit des fluides et gaz médicaux consommés par les hôpitaux. Le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) produit des médicaments sanguins labiles.

Assurance qualité

L’assurance qualité est l’ensemble de mesures prises pour garantir la bonne qualité des médicaments mis à la disposition des consommateurs. Sur ce plan, le Congo se caractérise par une organisation administrative, une base juridique et des moyens matériels et technologiques peu adaptés à la situation qui prévaut. Le système OMS de certification est le seul mécanisme utilisé. L’absence d’un laboratoire de contrôle de qualité est un gros handicap.

Ressources humaines

Le Congo accuse une insuffisance quantitative et qualitative en personnel pharmaceutique à tous les niveaux : central intermédiaire et périphérique. En effet, en 2002, le pays comptait 240 pharmaciens en activité dont plus de 90% évoluent dans le secteur privé.

Le secteur ne dispose pas d’un plan de développement des ressources humaines, les plans de carrière ne sont pas définis. C’est ainsi qu’en dépit de sa vocation initiale. L’Institut Supérieur des Sciences de la Santé (INSSA) quoique transformé en Faculté des Sciences de la Santé n’a pu mettre en place la filière de formation des pharmaciens. Par ailleurs, d’importants dysfonctionnements apparaissent dans la gestion des effectifs disponibles. Le phénomène de migration des pharmaciens du secteur public vers le privé observé au cours des dernières années évolue actuellement vers une bi-appartenance de fait, étant donné le retour de ces pharmaciens vers le secteur public.

Information pharmaceutique et activités promotionnelles

L’information pharmaceutique et les activités promotionnelles des produits du domaine pharmaceutique sont caractérisées par l’inobservation des textes en vigueur. A diverses occasions, les médias font la promotion des médicaments non homologués par l’autorité compétente, notamment ceux relevant de la pharmacopée traditionnelle. En outre, les visiteurs médicaux assurent une part considérable de l’information pharmaceutique en direction des prescripteurs et des usagers en fonction de leurs besoins propres. Toutefois, le ministre de la santé dispose d’un mécanisme interne d’information des usagers et des professionnels de la pharmacie, tant publics que privés.

L’insuffisance des ressources humaines, matérielles et financières, l’absence d’un plan d’orientation et de formation des praticiens chercheurs sont entre autres, les goulots d’étranglement au développement de la recherche.

Médicaments traditionnels

La médecine traditionnelle constitue un recours non négligeable pour la population. Dans sa pratique quotidienne, le tradi-thérapeute (guérisseur) traite le corps, l’esprit et les relations sociales. C’est cette approche globale qui caractérise les systèmes de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles des congolaise, dont les traitements sont basés sur les rites, la phytothérapie et autres pratiques.

Avec l’adoption des soins de santé primaires, le Gouvernement de la République du Congo a engagé une stratégie de promotion de la médecine traditionnelle visant l’intégration de cette dernière dans le système de santé, à travers la promotion des plantes médicinales. En dépit de quelques initiatives, les actions de valorisation des plantes médicinales sont demeurées timides, faute de ressources financières, matérielles et humaines. Enfin, il convient de noter que l’environnement juridique actuel ne prévoit pas de dispositions particulières en faveur de l’homologation des remèdes traditionnels.